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Allô docteur? J’ai peur…

AVOIR PEUR TOUT LE TEMPS, CA FATIGUE… ET ON SE POSE PLEIN DE QUESTIONS… EST-ON MALADE ?

A l’époque, mes médecins sont devenus mes meilleurs amis. Je prenais régulièrement rendez-vous chez eux, pour me rassurer et pour faire des tests. Je trouvais toujours un truc à contrôler. J’étais inquiète et convaincue que j’avais un problème organique majeur étant donné que j’avais des vertiges au quotidien, un cœur qui battait très (trop) fort, des douleurs au niveau du cœur, du bras gauche, des acouphènes, des douleurs d’estomac violentes…

Malgré le fait qu’on m’ait diagnostiqué une agoraphobie, à chaque fois, j’allais consulter. Et à chaque fois, les médecins me disaient que je n’avais sûrement rien. Prises de sang, électrocardiogramme, test d’effort, électrodes, test d’urine, tests des métaux lourds, …. j’ai tout fait. J’ai même consulté un cardiologue. J’étais certaine d’avoir quelque chose de grave. Et quand on est “persuadé” d’avoir quelque chose de grave, hé bien cela devient une certitude. Une certitude que l’on s’est soi-même auto-proclamée!

A chaque résultat, on me disait : “Mademoiselle, vos résultats sont bons, vous êtes en pleine santé. Je pense que c’est uniquement le stress. Il faut vous calmer un peu et trouver des techniques pour vous relaxer”.
La bonne blague. La pire des réponses pour une anxieuse. Dans ma tête, c’était le tremblement de terre. J’ai rien ??? Impossible.

 

Ce stress infernal

Dans ma vie d’agoraphobe, je stressais tout le temps, tous les jours. L’idée de prendre le train pour aller au travail devenait très compliqué à gérer. Aller manger chez des amis ou en famille me stressait. Je m’inquiétais de tout, tout le temps. Dès le matin, mon quotidien était perturbé et rempli de doutes, de rituels. Je ne savais pas respirer à l’époque. Je ne savais pas me relaxer. J’étais mal dans ma peau. Et le pire c’est que je faisais semblant que tout allait bien. Je ne voulais pas que les autres sachent que j’étais en train de “péter les plombs”.

Mon petit ami de l’époque et ma mère étaient quasiment les seules personnes de mon entourage à savoir et à comprendre mon état. Ils faisaient de leur mieux mais ce n’était pas évident à gérer pour eux. J’attendais beaucoup d’eux. Trop.

J’organisais mon temps en fonction de mes angoisses…

 

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Les exigences

“J’ai peur!” – ces mots raisonnaient dans ma tête. J’avais bien trop honte que les gens ne s’aperçoivent que je me mettais dans tous mes états pour prendre un bus ou un train. Un simple week-end à la campagne ou à la montagne devenait compliqué à organiser. Ils n’auraient pas compris! Je passerais pour la folle. C’est fou ça, j’avoir honte. J’avais peur de ce jugement de l’autre. On aurait dit que je me devais d’être parfaite. Tout le temps. Pas de faiblesse.

Bien sûr qu’avec le recul, j’ai compris que depuis toute petite, je me suis mise une pression de “réussir” à tout prix. Je ne voulais pas décevoir. Je me suis retrouvée très jeune entre mon père et ma mère à essayer de régler des problèmes d’adulte. Impossible. J’ai pris cette responsabilité. Je voulais que ma mère soit plus heureuse et que mon père cesse de boire. Mais c’était des histoires qui ne me concernaient pas. Et j’en ai souffert. Je me suis sentie très souvent seule. A l’écart. Incomprise. Je pense qu’en grandissant, j’ai gardé certains comportements de mon enfance. Ces sentiments de honte que j’avais vis-à-vis de mon père à l’époque se sont finalement transformés en honte que les gens me voient avec mes faiblesses. Ouaouh… Quelle pression, n’est-ce pas ?

L’hypersensibilité

Les personnes agoraphobes sont souvent des personnes hypersensibles, qui captent beaucoup trop de choses autour d’elles. Elles sont vite sensibles au bruit, à la lumière, aux énergies, aux comportements de certains, elles aimeraient en quelque sorte, sauver le monde, mais elles n’y arrivent pas et refoulent cette frustration à l’intérieur d’elles.

Même au travail, mes collègues ne se doutaient pas de ce que j’avais. Je pense qu’ils avaient compris que j’étais rarement dans les “personnes motivées” à sortir après le boulot et que je préférais rentrer chez moi. (c’était faux). Mais ils ne savaient pas que je souffrais d’agoraphobie. Certaines fois, je me faisais porter pâle car j’étais incapable de prendre mon petit déjeuner sans m’inquiéter du trajet que j’allais emprunter au vu des travaux sur l’autoroute annoncés à la radio, voilà ce qui m’arrivait régulièrement. Ou alors j’arrivais en retard. Et ensuite, j’avais honte. Je fabriquais moi-même ces pensées négatives et cette faible estime de moi, ce qui me provoquait des migraines ou des maux d’estomac (réels). Et c’était le cercle vicieux… je retournais chez le médecin…

J’en ai dépensé des sous chez eux… sans compter les séances de thérapie faites comme les séances de relaxation, de respiration, de ressourcement, de massage, de chamanisme, de réflexologie, d’étiopathie, de médecine chinoise, tibétaine,… je faisais tout ce que je pouvais faire pour me détendre.

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Le jugement de soi

C’était vrai… j’avais une forte hypersensibilité (et je l’ai gardée!). “J’ai peur” était ma phrase fétiche. A l’époque, j’étais plutôt considérée comme la fille qui allait tout le temps chez le psy, qui avait un problème à résoudre. En tout cas, c’est comme ça que je l’interprétais. J’avais l’impression d’avoir une étiquette sur mon front : “fille paumée et à problèmes”. (jugement!)

J’étais incapable de m’affirmer et d’envoyer bouler les gens. Je subissais. J’étais très dure avec moi-même aussi. Peu de place pour la gentillesse, la douceur, le plaisir et la tranquillité. Je n’ai jamais vraiment appris comment faire.


Comment j’ai arrêté tout ça ?

Peu avant mes 30 ans, j’ai perdu ma grand-mère chérie, puis mon grand-père adoré l’année suivante et quelques mois plus tard mon père. Ca a été le choc. Tout ce que je faisais, ne servait à rien. J’étais triste, en colère, fatiguée et pas plus avancée finalement. J’étais face à la vraie réalité de la vie. Et je continuais à chercher l’amour et l’attention des autres. Mais là, tout foutait le camp!

Il fallait que je prenne mon bonheur en marche… j’avais perdu suffisamment de temps. Alors, j’ai osé… j’ai fait différemment. J’ai changé mes habitudes. Je me suis forcée à faire différemment. Je me suis mise en quête du bonheur à travers des livres, des formations, des séminaires et un voyage seule en Asie durant un mois.
Je me suis mise à chercher au fond de mes tripes ce qui me faisait du bien. Vraiment. Ce que j’aimais faire. J’ai ôté ce qui me faisait du mal, j’ai osé dire les choses. Je me suis décidée à me faire confiance et faire confiance à la vie. Un vrai lâcher-prise. J’ai surtout accepté le jeu de la vie; j’ai su faire mes deuils pour rester vivante et j’ai persévéré. Je n’avais qu’une envie, voyager et me sentir libre. Et je suis partie en voyage, seule.

Il serait faux de dire aujourd’hui que je suis devenue une femme Zen qui ne stresse jamais. C’est même complètement faux. Je passe certaines journées dans l’angoisse de la suite, de l’avenir, des choix que j’ai à faire. Je ne suis plus agoraphobe et je voyage, je vais partout où je veux! Je n’ai plus peur de faire un malaise. Je m’en fiche vraiment! Je fais ce que j’aime et j’accompagne aujourd’hui les personnes coincées dans leurs peurs à se dépasser.

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Verdict final ?

Mes saboteurs ne sont jamais vraiment très loin. Ils me connaissent et ils savent où appuyer pour que je reparte en arrière, dans mes doutes. Alors aujourd’hui, j’essaie de lâcher-prise, de mieux respirer, de me calmer, d’appliquer tout ce que j’ai appris durant toutes ces années, et ça marche. Je me suis mise au yoga, à la méditation, je maîtrise les techniques de respiration abdominale (qui me font un bien fou), je prends le temps, j’essaie d’être moins exigeante et dure avec moi-même. C’est un long chemin, n’est-ce pas?

Et un conseil : si votre médecin vous dit que vous n’avez rien, croyez-le! 🙂

 

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